Pendant des années, j'ai eu mal. Vraiment mal. Et pendant des années, on m'a répondu la même chose : que ce n'était pas grave, qu'il fallait être patiente, que ça finirait par passer. Prends un cachet. Serre les dents.
J'ai consulté, cherché, espéré. Je suis rentrée tant de fois sans réponse, avec ce sentiment de ne pas être écoutée — comme si ma douleur comptait moins que les autres.
Un jour, épuisée, j'ai posé une bouillotte sur mon ventre. Et pour la première fois, j'ai respiré.
J'avais enfin trouvé, toute seule, ce que personne n'avait su me donner. Le plus simple, le plus ancien des réconforts. Mais l'objet, lui, ne me ressemblait pas : laid, clinique, à cacher au fond d'un tiroir. Comme si me soulager devait rester un secret.

Alors j'ai compris quelque chose de simple. Le remède était le bon. C'est l'objet, et le silence autour, qu'il fallait changer.
J'ai créé Blottie pour ça. Pour que la chaleur qui m'a sauvée devienne belle, douce, et qu'on ose la poser sur la table du salon plutôt que dans l'armoire à pharmacie. Pour qu'aucune femme n'ait à chercher aussi longtemps que moi. Pour qu'on arrête, toutes, de serrer les dents.
